Yo adivino el parpadeo de las luces que a lo lejos van marcando mi retorno...
Son las mismas que alumbraron con sus pálidos reflejos hondas horas de dolor...
Y aunque no quise el regreso, siempre se vuelve al primer amor.
La vieja calle donde el eco dijo tuya es su vida, tuyo es su querer,
Bajo el burlón mirar de las estrellas que con indiferencia hoy me ven volver...
Volver...
Con la frente marchita, las nieves del tiempo blanquearon mi sien...
Sentir...
Que es un soplo la vida, que veinte años no es nada, que febril la mirada,
errante en las sombras, te busca y te nombra.
Vivir...
Con el alma aferrada a un dulce recuerdo que lloro otra vez...
Tengo miedo del encuentro con el pasado que vuelve a enfrentarse con mi vida...
Tengo miedo de las noches que pobladas de recuerdos encadenan mi soñar...
Pero el viajero que huye tarde o temprano detiene su andar...
Y aunque el olvido, que todo destruye, haya matado mi vieja ilusión,
Guardo escondida una esperanza humilde que es toda la fortuna de mi corazón.
Je trahirai demain pas aujourd'hui
Je trahirai demain pas aujourd'hui.
Aujourd'hui, arrachez-moi les ongles
Je ne trahirai pas !
Vous n'avez pas le bout de mon courage.
Moi, je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures avec des clous.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui,
Demain.
Il faut la nuit pour me résoudre.
Il ne me faut pas moins d'une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n'est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd'hui, je n'ai rien à dire.
Je trahirai demain.
Marianne COHN
Poème écrit en cellule en novembre 1943
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor HUGO